Gilles De Truchis
Considérons un marché sans coût de transaction où sont échangés 2 types d’actifs avec absence de possibilité d’arbitrage: risqué et non risqué. La cotation est réalisée en continue à un taux constant r. Le spot du sous-jacent à l’émission est noté S0 et son évolution est déterminée par un mouvement brownien. On notera µ la tendance ou dérive (i.e. l’espérance de rentabilité du support sur son historique de cours), σ la volatilité du sous-jacent (le paramètre de diffusion) et Wt un mouvement brownien.
Cette équation est donc une équation différentielle stochastique (EDS) qui régit un mouvement brownien géométrique (MBG) St avec µ et σ connues et constants. On peut déduire la dérive du mouvement :
Car d’après le lemme d’Itô on obtient pour ln(St) :
Ce qui nous permet d’écrire :
On retrouve donc bien le terme de dérive du mouvement.
On peut également montrer que ce MBG est log-normalement distribué en rappelant que S0 ne peut être négatif car le cours d'une action n'est jamais négatif en vertu de la responsabilité limité de l'actionnaire:
St est donc log-normal et la solution de St s’écrit :
Définissons à présent la valeur βt de l’actif sans risque en t. On peut définir le rendement de l’actif sans risque au taux constant r comme la différentielle de βt :
La solution de cette équation est :
Introduisons à présent une option européenne avec pour sous-jacent St. Notons qu’aucun dividende n’est versé.
L'intuition de F. Black et M. Scholes s'exprime par la recherche dans les stratégies autofinançantes de celle(s) qui duplique(nt) le call et dont la ou les valeur(s) s'exprime(nt) comme une fonction déterministe de St et de t que l'on notera π(t, St). L'idée est donc qu'il existe un portefeuille autofinancé composé du sous-jacent et de l'actif sans risque dont la valeur en T est égale au payoff ΨT de l'option. On tente donc de trouver le processus πt qui représente la valeur d'un portefeuille autofinançant et dont la valeur en T est celle du payoff à dupliquer. L'expression π doit donc être suffisamment régulière au sens d'Itô ; i.e. la fonction π doit être 1 fois continûment différentiable sur t et 2 fois continûment différentiable sur St. Sous ces conditions, nous pouvons appliquer la formule d'Itô :
De notre 1ère équation
on déduit
et on remplace :
On cherche à présent à respecter l'égalité suivante ()
Afin que π(t, St) représente à tout instant t la valeur d'un tel portefeuille. Remanions cette égalité :
On a ainsi obtenu l'équation aux dérivées partielles de Black & Scholes (EDP d'évaluation). A ce stade il reste à vérifier que le portefeuille autofinançant synthétise l'option :
Rappelons que nous sommes en absence de possibilité d'arbitrage, ce qui implique que la valeur du portefeuille dupliquant est, à chaque instant, égale à celle du titre dupliqué :
Dans le cas où le payoff est égal à celui
- d'un call (
)
- ou d'un put (
)
la solution est donnée par la formule de Black & Scholes :
Notons que N(u) fait référence à la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite :
Sources: F. Black and M. Scholes, The pricing of options and corporate liabilities, Journal of Political Economy (73)
R. Portait and Patrice Poncet, Finance de marché, intruments base, produits dérivés, portefeuilles et riques, Dalloz (08)
John Hull, Options, Futures et autres actifs dérivés, Pearson Education, (07)