Les Options

Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /2009 17:10

L’option peut être considérée comme un actif pour lequel l’acheteur verse au vendeur une prime à l’émission de l’option pour recevoir en contrepartie, à l’échéance, un payoff (positif ou nul) dont le montant dépend du support de l’action,  appelé également sous-jacent.

Une option peut représenter la possibilité d’acheter à terme, ce type d’option est appelé call. Dans le cas où l’option représente la possibilité de vendre à terme c’est un put.

Ainsi un call procurera le droit d’acheter à l’échéance,  l’actif sous-jacent à un prix K fixé en t (dit strike price ou prix d’exercice). A l’inverse un put confère le droit de vendre le sous-jacent à terme au prix K.

Les options décrites ici sont dites européenne car l’exercice de l’option ne peut-être réalisé qu’a maturité (maturity). Si tel n’était pas le cas nous serions en présence d’option Américaine.

Ce mécanisme caractérise un très grand nombre d’options mais nous n’aborderons ici que les options classiques dites vanilla.

L’évaluation d’une option peut se faire via plusieurs modèles dont les plus célèbres sont celui de Black & Scholes et celui de Cox, Ross & Rubinstein.

Ces 2 modèles feront l’objet d’articles spécifiques dans lesquels seront développés les modèles, ainsi que certaines extensions,  de manière formelle mais aussi à travers des applications informatiques.

En ce qui concerne le modèle BS, il s‘inscrit, sans nul doute, comme l’un des modèles influant dans le monde économique réel puisqu’il est utilisé comme base sur tous les marchés financiers et son succès aura valu à Scholes et Merton le prix Nobel d’économie en 1997. (Black est malheureusement décédé peu de temps auparavant). Ce modèle est en temps continue à l’inverse du modèle de Cox, Ross & Rubinstein.

Le modèle CRR ou binomiale est donc en temps discret, itératif, il généralise le modèle à une période. Il est basé sur les notions de processus martingales : à travers un arbre binomiale (2 choix possibles) on cherche le sentier optimal des valeurs du sous-jacent puis on actualise les flux.

On représente ici l’arbre binomiale pour n itérations avec S le spot du sous-jacent, u le coefficient de hausse et d le coefficient de baisse.

 

 

 

 

 

Sun

 

 

 

Sun-1

 

 

 

Su²

 

Sun-1d

 

Su

 

 

:

S

 

Sud

:

 

Sd

 

 

:

 

 

Sd²

 

Sudn-1

 

 

 

Sdn-1

 

 

 

 

 

Sdn

 

Programme de Pricing d'Option

Par Gilles De Truchis - Publié dans : Les Options
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Lundi 23 février 2009 1 23 /02 /2009 18:48
Nous allons étudier ici le modèle BS dans sa forme simple avant l’apport de Robert Merton sur la volatilité déterministe et les taux aléatoires.

Considérons un marché sans coût de transaction où sont échangés 2 types d’actifs avec absence de possibilité d’arbitrage: risqué et non risqué. La cotation est réalisée en continue à un taux constant r. Le spot du sous-jacent à l’émission est noté S0 et son évolution est déterminée par un mouvement brownien. On notera µ la tendance ou dérive (i.e. l’espérance de rentabilité du support sur son historique de cours), σ la volatilité du sous-jacent (le paramètre de diffusion) et Wt un mouvement brownien.

Cette équation est donc une équation différentielle stochastique (EDS) qui régit un mouvement brownien géométrique (MBG) St avec µ et σ connues et constants. On peut déduire la dérive du mouvement :

 

Car d’après le lemme d’Itô on obtient pour ln(St) :

Ce qui nous permet d’écrire :

On retrouve donc bien le terme de dérive du mouvement.

On peut également montrer que ce MBG est log-normalement distribué en rappelant que S0 ne peut être négatif car le cours d'une action n'est jamais négatif en vertu de la responsabilité limité de l'actionnaire:

St est donc log-normal et la solution de St s’écrit :

Définissons à présent la valeur βt de l’actif sans risque en t.  On peut définir le rendement de l’actif sans risque au taux constant r comme la différentielle de β:

La solution de cette équation est :

  Introduisons à présent une option européenne avec pour sous-jacent St. Notons qu’aucun dividende n’est versé.

L'intuition de F. Black et M. Scholes s'exprime par la recherche dans les stratégies autofinançantes de celle(s) qui duplique(nt) le call et dont la ou les valeur(s) s'exprime(nt) comme une fonction déterministe de St et de t que l'on notera  π(t, St).  L'idée est donc qu'il existe un portefeuille autofinancé composé du sous-jacent et de l'actif sans risque dont la valeur en T est égale au payoff ΨT  de l'option. On tente donc de trouver le processus πt qui représente la valeur d'un portefeuille autofinançant et dont la valeur en T est celle du payoff à dupliquer. L'expression π doit donc être suffisamment régulière au sens d'Itô ; i.e. la fonction π doit être 1 fois continûment différentiable sur t et 2 fois continûment différentiable sur St. Sous ces conditions, nous pouvons appliquer la formule d'Itô :

De notre 1ère équation 

on déduit  et on remplace :

On cherche à présent à respecter l'égalité suivante ()

 

Afin que π(t, St) représente à tout instant t la valeur d'un tel portefeuille. Remanions cette égalité :


On a ainsi obtenu l'équation aux dérivées partielles de Black & Scholes (EDP d'évaluation). A ce stade il reste à vérifier que le portefeuille autofinançant synthétise l'option :

Rappelons que nous sommes en absence de possibilité d'arbitrage, ce qui implique que la valeur du portefeuille dupliquant est, à chaque instant, égale à celle du titre dupliqué :

Dans le cas où le payoff est égal à celui

-          d'un call ( )

-          ou d'un put ( )

la solution est donnée par la formule de Black & Scholes :

Notons que N(u) fait référence à la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite :

Sources: F. Black and M. Scholes, The pricing of options and corporate liabilities, Journal of Political Economy (73)

R. Portait and Patrice Poncet, Finance de marché, intruments base, produits dérivés, portefeuilles et riques, Dalloz (08)

John Hull, Options, Futures et autres actifs dérivés, Pearson Education, (07)

Par Gilles De Truchis - Publié dans : Les Options
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 00:50

Lien: Introduction au modèle binomial

 

Comme pour le modèle de Black & Scholes on va rechercher une stratégie de duplication puis chercher à égaliser la prime avec le coût de gestion du portefeuille dupliquant. Mais cette fois on va interpréter la prime comme l'espérance  risque-neutre des flux actualisés futurs. Cette opération se fera à partir de l'échéance (backward iterations).

Construisons un arbre binomial où à la date N au nœud (N, j) on a:

Rappelons que Ψ représente le payoff au nœud (N, j). 

Expliquons à présent l'arbre ci-dessus. On a superposé les duplications sur les périodes unitaires successives jusqu'à (N-1, N). "A chaque sous-période (i, i+1) on construit donc un portefeuille de couverture. La valeur Vi- de ce portefeuille en i (résultant des états du monde et des stratégies suivies entre 0 et i-1) constitue l'investissement initial de la période (i, i+1) de sorte que Vi+=Vi-: la stratégie est donc autofinançante. La valeur du portefeuille suit le processus décrit par l'arbre reproduit sur le diagramme 2 ci-après."

Afin d'estimer la valeur de l'option, on va utiliser la probabilité de risque-neutre pour évaluer le prix de l'option en tant qu'espérance.  L'option va alors suivre une martingale:

Soit où Ci est le prix en date i de l'option de maturité N. On a alors:

Relation issue du raisonnement du modèle à une période et 2 états. Qui donne en tout nœud (i, j):

Ainsi sous la probabilité risque-neutre de l'événement

résultat de l'analyse combinatoire de j et N, i.e. le nombre de chemins suivi par S entre 0 et N incluant j hausses parmi les N mouvements. On peut ainsi déduire d'après la relation ci-dessus:

Sources: J. Cox, S. Ross, M. Rubinstein, Option Pricing, a simplified approach, Journal of Financial Economics (79)

R. Portait and Patrice Poncet, Finance de marché, intruments base, produits dérivés, portefeuilles et riques, Dalloz (08)

John Hull, Options, Futures et autres actifs dérivés, Pearson Education, (07)

 

Par Gilles De Truchis - Publié dans : Les Options
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 15:41
Rappelons la formule de BS obtenue dans le précédent article:



Sous une approche probabiliste, on peut démontrer cette formule grâce à l'espérance du payoff actualisé au taux sans risque. Tout cela sous l'hypothèse d'un monde risque-neutre sous Q. L'équation de départ devient donc:
On obtient sous la probabilité Q la solution suivante pour une durée T-t:

D'après les résultats obtenus précédemment, on sait:

Poursuivons dans le cas de notre Call. On peut démontrer que (comme pour le binomial) :

Car d2 représente la borne inférieure de l'option arrivée à maturité out the money :

On pourra, à partir de cette relation démontré exprimer la fonction d'évaluation de BS comme une fonction de t et x et écrire: C(t, S)=F(t, S)

  L'intégration de dividende à taux constant implique que l'hypothèse µ = r avec r le taux sans risque ne tienne plus. Rappelons l'équation de départ:

En effet, le montant du dividende versé en t+dt est proportionnel à la valeur St,  proportionnel à la durée dt de la période.  On peut écrire la rentabilité de l'actif sous-jacent ainsi:

On peut alors réécrire l'égalité de départ:

On pourra aisément donner:

Intuitivement on comprend que dans notre monde risque-neutre, le taux de croissance du prix du sous-jacent est égale au taux sans risque - le taux de rémunération.

 

On peut alors écrire la valeur du call ainsi (Equation de Merton):


Sources: F. Black and M. Scholes, The pricing of options and corporate liabilities, Journal of Political Economy (73)

R. Merton, The Theory of Rational Option Pricing, Bell Journal of Economics & Management Science (73)

R. Portait and Patrice Poncet, Finance de marché, intruments base, produits dérivés, portefeuilles et riques, Dalloz (08)
John Hull, Options, Futures et autres actifs dérivés, Pearson Education, (07)
Par Gilles De Truchis - Publié dans : Les Options
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Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 21:14

Reprenons à partir de la relation suivante obtenue précédemment et justifions l'extension de Merton: 

On remplace par la valeur de S 

Grâce à la mise en fonction on abouti à: 

Cela implique qu'une option dont le sous-jacent ne rémunère pas, équivaut en t, ceteris paribus, une option dont le support rémunère au taux c.

 

On retrouve donc l'équation de Merton:

 

 

Sources: F. Black and M. Scholes, The pricing of options and corporate liabilities, Journal of Political Economy (73)

R. Merton, The Theory of Rational Option Pricing, Bell Journal of Economics & Management Science (73)

R. Portait and Patrice Poncet, Finance de marché, intruments base, produits dérivés, portefeuilles et riques, Dalloz (08)
John Hull, Options, Futures et autres actifs dérivés, Pearson Education, (07)
Par Gilles De Truchis - Publié dans : Les Options
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